CNH 2026 : ce qui change pour l’école de votre enfant

École inclusive

Le 4 septembre 2026, la Conférence nationale du handicap a annoncé 16 engagements et 65 mesures. Une partie concerne directement l’école. Voici ce qui change pour le parcours de votre enfant, ce qui n’est pas encore acquis, et ce que vous pouvez vérifier sans attendre.

Publié le 22 septembre 2026

65 mesures : ça change quoi pour mon enfant ?

Le 4 septembre 2026, la 7e Conférence nationale du handicap s’est tenue au Prisme, à Bobigny : seize engagements, soixante-cinq mesures, une feuille de route pour trois ans. Pour une famille, ces chiffres ne disent rien. Ce qui compte, c’est de savoir si la rentrée 2027 sera plus simple que celle de 2026, et qui solliciter quand la réponse tarde. Deux annonces pèsent plus que les autres sur la scolarité : un document unique attendu pour la rentrée 2027, et des pôles d’appui à la scolarité déployés dès maintenant.

En langage clair : La CNH (Conférence nationale du handicap) réunit environ tous les trois ans le Gouvernement, les associations et les acteurs du secteur pour fixer la politique du handicap. Elle produit une feuille de route, pas une loi. Ses annonces devront ensuite être traduites en décrets, en circulaires ou en budgets pour s’appliquer réellement.

Un « projet de réussite unique » attendu pour la rentrée 2027

C’est l’annonce qui peut changer le plus de choses dans le quotidien des familles. La mesure 12 du dossier de presse prévoit qu’« un projet de réussite unique, de l’école maternelle au lycée, sera mis en place ».

Aujourd’hui, une même famille peut cumuler plusieurs documents et plusieurs procédures selon le niveau scolaire et l’origine de la difficulté. Nous les comparons un par un dans notre rubrique Les dispositifs d’accompagnement. L’idée annoncée est de réunir ces accompagnements dans un document qui suit l’élève, au lieu de demander aux parents de le reconstruire à chaque étape.

Le calendrier, lui, est désormais connu. Dans son discours du 4 septembre, le président de la République a demandé aux rectorats d’engager ce rapprochement des dispositifs « dès la rentrée 2027 », sur tout le territoire. Le dossier de presse du ministère, lui, ne donne pas de date.

En revanche, ni le contenu du document, ni son articulation avec le PPS, le PAP et le PAI ne sont fixés à ce jour. La rentrée 2027 est une échéance annoncée, pas encore un document que vous pourrez demander à l’école.

Les pôles d’appui à la scolarité, la porte d’entrée dès cette rentrée

C’est l’annonce la plus concrète pour la rentrée en cours. Selon la présentation de la Conférence nationale du handicap publiée par la Présidence de la République, environ 1 500 pôles d’appui à la scolarité sont déployés à la rentrée 2026, pour une cible de 3 000 annoncée à la rentrée 2027. Ils étaient une centaine à la rentrée 2024.

En langage clair : Le PAS (Pôle d’Appui à la Scolarité) est une équipe de proximité rattachée à un secteur regroupant plusieurs écoles. Elle peut intervenir rapidement pour un élève en difficulté, sans attendre une décision administrative, et peut être sollicitée par vous, par l’enseignant ou par la direction de l’école.

Le changement de logique est réel : une réponse peut être cherchée avant, ou sans, dossier MDPH. Cela ne supprime aucun droit. La MDPH reste la seule instance qui reconnaît officiellement un handicap et notifie un accompagnement. Nous détaillons le dispositif, ses limites et son déploiement dans notre article consacré au pôle d’appui à la scolarité.

Le dossier de presse précise aussi que « la place des AESH sera également repensée dans le cadre d’une politique globale d’accessibilité ». Aucune modalité n’est arrêtée à ce stade.

En langage clair : Un AESH (Accompagnant d’Élève en Situation de Handicap) est un professionnel qui aide votre enfant au quotidien en classe, sur un nombre d’heures décidé par la MDPH. « Repenser sa place » ne veut pas dire supprimer le métier, mais cesser d’en faire la réponse unique. Voir notre dossier consacré à l’AESH.

L’école change d’organisation avant de changer de dispositifs

Le deuxième des seize engagements s’intitule « Garantir la scolarisation de chaque enfant au sein de l’école ». Il ne crée pas un nouveau plan d’accompagnement. Il réorganise la façon dont les institutions se parlent entre elles.

Comme l’indique le dossier de presse publié par le ministère chargé des Personnes handicapées, « à compter de la rentrée 2026, tous les départements mettront en place une gouvernance conjointe et intégrée de l’École pour tous », associant l’Éducation nationale, les MDPH et les agences régionales de santé. Une charte de l’École pour tous doit par ailleurs donner aux établissements « un cadre commun, lisible et partagé ».

En langage clair : Une gouvernance conjointe, c’est une instance où l’Éducation nationale, la MDPH et l’ARS (Agence régionale de santé, qui pilote le médico-social dans la région) décident ensemble au lieu de se renvoyer les dossiers. L’effet attendu pour vous : ne plus avoir à porter vous-même l’information d’un interlocuteur à l’autre.

C’est une réponse à un problème connu : ce qui bloque n’est pas l’absence de dispositif, c’est l’absence de coordination entre ceux qui existent. L’effet réel dépendra de chaque département, et ne sera pas mesurable avant plusieurs mois.

Ce qui n’est pas encore acquis

Trois réserves déterminent ce qui arrivera réellement dans une classe.

Point d’attention : première réserve, le cadre légal. Une annonce de conférence nationale n’ouvre aucun droit. Tant qu’une mesure n’est pas traduite en texte, elle ne peut être ni demandée ni opposée à l’école. Le cas du pôle d’appui à la scolarité l’illustre : sa généralisation par la loi a été rejetée par l’Assemblée nationale le 11 mai 2026, et le déploiement se poursuit par circulaire ministérielle, sans cadre légal stabilisé.

Deuxième réserve, la couverture. Un pôle déployé nationalement n’est pas un pôle présent dans votre secteur : le maillage reste partiel à la rentrée 2026. La seule information fiable se demande à la direction de l’école ou à la circonscription dont vous dépendez.

Troisième réserve, le calendrier. Un comité de suivi doit présenter le 29 septembre 2026 les plans d’action des 65 mesures. C’est à cette date que l’on saura lesquelles sont financées, par qui, et à quelle échéance. Nous mettrons cet article à jour à mesure que la situation évolue.

Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  • Demandez à l’école si un pôle d’appui à la scolarité existe sur votre circonscription, et qui en est le coordonnateur. C’est la seule des annonces qui soit déjà opérationnelle.
  • Ne suspendez aucune démarche en cours en attendant l’application des mesures. Une notification MDPH, un plan en place ou un recours engagé gardent toute leur valeur.
  • Demandez une trace écrite de chaque observation et de chaque préconisation faite autour de votre enfant. Si un document unique voit le jour, c’est de cette matière qu’il sera construit.
  • Posez la question de la coordination en équipe éducative plutôt qu’en cours de trimestre : la gouvernance conjointe se met en place à l’échelle du département, pas de la classe.

👉 Pour préparer un rendez-vous avec l’école ou un professionnel, remplissez la fiche de liaison : elle rassemble en une page ce que vous auriez à réexpliquer à chaque nouvel interlocuteur.

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Questions fréquentes

Le « projet de réussite unique » remplace-t-il le PPS ou le PAP de mon enfant ?

Non. À ce jour, aucun texte ne modifie les dispositifs existants, qui continuent de s’appliquer normalement. Le projet de réussite unique est annoncé comme un document destiné à mieux les articuler, et le discours présidentiel du 4 septembre 2026 fixe le début de ce rapprochement à la rentrée 2027. D’ici là, c’est le PPS ou le PAP de votre enfant qui s’applique.

Les mesures de la CNH 2026 s’appliquent-elles dès cette rentrée ?

Non, sauf pour le déploiement des pôles d’appui à la scolarité, déjà engagé. Les autres annonces devront être traduites en textes, en financements et en organisation départementale. Le comité de suivi du 29 septembre 2026 doit présenter les plans d’action des 65 mesures.

Les AESH vont-ils disparaître au profit de l’accessibilité ?

Rien dans les annonces ne va dans ce sens. Le dossier de presse indique que la place des AESH sera repensée dans une politique globale d’accessibilité. Les notifications en cours ne sont pas affectées et restent décidées par la MDPH.

Sources officielles

Cet article fait partie de la rubrique Les acteurs de l’accompagnement, qui présente le rôle de chaque professionnel intervenant autour de l’enfant.

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